Des Jacqueries au 17 Novembre 2018
• 21
mai 1358 : la Grande Jacquerie
• 1er
mars 1382 : la révolte des Maillotins
• 25
avril 1529 : la «Grande Rebeyne»
• 22
avril 1637 : l'insurrection des Croquants
• 18
avril 1675 : la révolte des Bonnets rouges
• 27
avril 1789 : pillage de Réveillon
• 26
mars 1811 : les luddites se révoltent contre les machines
• 22
novembre 1831 : la révolte des canuts
• 19
juin 1907 : la révolte viticole vire au drame
• 12
janvier 1956 : Poujade sème la panique
• 18
juin 2018 : le retour des Bonnets rouges
Jacqueries et autres révoltes
fiscales
Des Bagaudes aux Gilets jaunes
L’Hexagone,
autrement dit le territoire de la France actuelle, connaît des accès de fièvre
depuis près de deux millénaires. Ces révoltes qui soulèvent les villages et
parfois les villes ont peu de choses en commun et de très lointaines
similitudes avec ce que l’on peut observer dans les pays voisins.
Leur
recension fait apparaître trois âges successifs :
• Les premières révoltes surviennent dans les périodes d’affaiblissement de l’État et du pouvoir central. Des Bagaudes à la Grande Jacquerie, elles prennent pour cible la classe seigneuriale qui opprime les campagnes et les villes naissantes.
• Avec l’affirmation de l’État s’accroissent dans un premier temps les inégalités sociales. C’est alors contre la misère et le désespoir que se soulèvent les paysans, à l’image des Croquants.
• l’avènement de la démocratie et la réduction lente mais constante des inégalités sociales, les nouveaux conflits, des canuts à Poujade en passant par les vignerons du Languedoc, relèvent des revendications de classes ou de corporations professionnels.
• Les premières révoltes surviennent dans les périodes d’affaiblissement de l’État et du pouvoir central. Des Bagaudes à la Grande Jacquerie, elles prennent pour cible la classe seigneuriale qui opprime les campagnes et les villes naissantes.
• Avec l’affirmation de l’État s’accroissent dans un premier temps les inégalités sociales. C’est alors contre la misère et le désespoir que se soulèvent les paysans, à l’image des Croquants.
• l’avènement de la démocratie et la réduction lente mais constante des inégalités sociales, les nouveaux conflits, des canuts à Poujade en passant par les vignerons du Languedoc, relèvent des revendications de classes ou de corporations professionnels.
Toutes ces
révoltes ont en commun la spontanéité et l’absence de chef et de projet. Toutes
ont en commun d’avoir échoué.
Bien malin
qui pourra dire ce qu’il en sera des révoltes du quatrième âge dans lequel nous
sommes entrés avec les Bonnets rouges et les Gilets jaunes…
André Larané
Guerre aux châteaux
Les
premières révoltes dont font état les chroniques se rapportent à la Gaule
romaine. Désignées sous le nom de Bagaudes, d’après un mot celtique qui
désigne une bande organisée, elles sont apparues à la fin du IIIe siècle, à
l’époque de l’empereur Dioclétien, et ont perduré jusqu’au crépuscule de
l’empire, au milieu du Ve siècle, essentiellement dans le nord-ouest de la
Gaule.
Les Bagaudes
étaient des bandes de paysans ruinés qui avaient pris le parti de piller les
campagnes et les villes pour simplement survivre. Elles puisaient leur origine
dans la désorganisation de l’État romain et le poids de la fiscalité locale. «
Nous les appelons des rebelles, des hommes perdus, nous qui les avons poussés à
être des criminels. S'ils sont devenus des bagaudes, n'est-ce pas à cause de
nos injustices, de la malhonnêteté des gouverneurs, de leurs confiscations, de
leurs rapines, eux qui, sous le prétexte de percevoir les impôts publics,
détournent à leur profit les sommes perçues ? » écrit le moine Savien au
milieu du Ve siècle (De gubernatione Dei, V, VI).
Réprimées
aussi bien par les dernières troupes de Rome que par les armées barbares en
cours d’établissement sur le sol gaulois, les Bagaudes ne vont plus faire
parler d’elles dans la 2e moitié du Ve siècle.
Les
habitants de l’empire romain d’Occident auront alors d’autres soucis en tête.
Avec la
substitution des Francs aux Romains, les habitants de la Gaule accèdent à une
société d’un nouveau type, dite mérovingienne. Les villes s’étiolent et dans
les campagnes, dans le souci d’assurer leur sécurité, les paysans se placent
sous la protection des grands propriétaires fonciers, d’une part l’Église,
enrichie par les dons des fidèles, d’autre part les leudes, que le roi a dotés
de vastes domaines en échange de leurs services.
D’un siècle
à l’autre, les courants commerciaux et l’économie monétaire s’amenuisent. Les
impôts se ramènent à des versements en nature à l’Église ou au maître du
domaine. On en arrive trois siècles plus tard à Charlemagne et à la naissance
de la société féodale, strictement hiérarchisée. Cet émiettement social ne
favorise pas les rébellions collectives.
Après l’An
Mil, la chrétienté occidentale s’ébroue. La sécurité revient dans les campagnes
et ramène une forme de prospérité. Les surplus agricoles ravivent les courants
commerciaux et favorisent la naissance d’un nouveau maillage urbain. Cela vaut
à cette période d’être aujourd’hui qualifiée de « beau Moyen Âge ».
Ce n’est pas pour autant le paradis, seulement un léger mieux. Il s’ensuit que
les campagnes françaises sont, au début du XIVe siècle, à l’époque de Philippe
le Bel et des « Rois maudits », aussi peuplées que de nos
jours !
Tout se gâte
au milieu de ce satané siècle avec un conflit dynastique entre le roi
d’Angleterre et le roi de France. C’est le début de ce que l’on appellera plus
tard la « guerre de Cent Ans ». Dans ce monde surpeuplé et fragile
survient la Grande Peste en 1348. Huit ans plus tard, la
noblesse française essuie une honteuse déculottée à Poitiers. Le roi Jean le Bon est même
capturé et incarcéré à la tour de Londres.
Les
bourgeois de Paris, sous la conduite du prévôt Étienne Marcel, veulent en
profiter pour imposer au Dauphin Charles, le fils du roi captif, un
partage du pouvoir. À l’issue de cette première Révolution, le Dauphin
s’enfuit de la capitale.
Pour les
paysans d’Île de France, qui commençaient à reprendre goût à la vie après les
pertes de la Peste, c’en est trop. Le roi n’est plus là pour les
protéger pendant que les nobles indignes et lâches les pressurent
d’impôts, que ce soit pour payer leurs rançons ou pour reconstruire leurs
châteaux. Les soldats désœuvrés courent la campagne et leur volent ce qui leur
reste. Depuis cette époque, le mot « brigand » qui désignait
un soldat en vient à ne plus désigner qu’un bandit.
C'est dans
ces conditions que survient la Grande Jacquerie, ainsi nommée en raison du surnom de
Jacques Bonhomme dont sont affublés les paysans.
Le 21 mai
1358, une centaine de paysans du Beauvaisis s'en prennent aux châteaux de la
région et tuent leurs habitants. Leur révolte rallie très vite la paysannerie
du bassin parisien. Les participants ne sont pas de pauvres hères. Au
contraire, ils figurent parmi les paysans aisés de l'une des régions les plus
riches d'Europe et leur révolte est motivée par la rage d'être spoliés par les
seigneurs et les bourgeois.
La
répression ne tarde pas. Elle est aussi sauvage que le fut la jacquerie.
Ses initiateurs sont trois grands seigneurs, le roi de Navarre Charles le
Mauvais ainsi que le comte de Foix Gaston Phoebus et le captal de Buch, opportunément
revenus d’une croisade contre les païens de Prusse.
Notons que
l’Angleterre connaît une révolte similaire en 1381, sous la minorité du roi
Richard II, quand les seigneurs, ayant été chassés de France par le connétable
Du Guesclin, tentent de rétablir leurs finances en pressurant les paysans.
Ceux-ci se révoltent et pillent même Londres en se répétant les vers d’un poète
contemporain, John Ball : « Quand Adam bêchait et Eve filait / Qui
était le gentilhomme ? »
L’année
suivante, en France, cette fois sous la minorité du roi Charles VI, se produit
la plus grande révolte fiscale du Moyen Âge. Elle implique les bourgeois de
Paris, excédés par les dépenses somptuaires des oncles du roi, qui exercent le
conseil de régence.
Les insurgés
se saisissent à l’Hôtel de ville de deux mille maillets de plomb destinés à se
défendre, d’où le nom de « Maillotins » sous lequel ils resteront dans
l’Histoire. Ils s’en prennent aux juifs et aux percepteurs avant de rentrer
dans le rang.
La fin du
Moyen Âge est émaillée de diverses autres jacqueries, révoltes antinobiliaires
et révoltes fiscales comme la révolte des « Tuchins » en Auvergne et
Languedoc. La Flandre, en pleine expansion économique, est affectée comme la
France et l’Angleterre.
Toutes ces
révoltes sans chef surviennent dans des sociétés en voie de modernisation. Les
paysans des régions les plus favorisées accèdent à une certaine aisance et ne
supportent plus l’arbitraire du seigneur. Ils n’hésitent pas à se révolter
contre les droits féodaux. La bourgeoisie urbaine prend son essor, s’enrichit
et se pose en rivale de la noblesse. Elle prête son concours au souverain dans
l’établissement d’une administration et d’une armée modernes, avec ce qu’il
faut d’impôts.
Insurrection de la misère
Au XVIe
siècle, les révoltes changent de nature. Elles sont davantage l’expression du
désespoir et de la misère. Au contraire des précédentes, elles surviennent
alors que s’affermit le pouvoir central.
À Lyon, en
1529, suite à plusieurs années de mauvaises récoltes, un millier de pauvres
gens affamés investissent le couvent des Cordeliers et des résidences de
notables. Après deux jours de troubles, la Grande Rebeyne (« Grande Rébellion »)
est sévèrement réprimée et ses meneurs sont pendus.
Au siècle
suivant, l’État met au pas la noblesse et accentue la pression fiscale sur les
classes populaires, essentiellement les paysans. Il s’ensuit une aggravation
des inégalités, au profit de la haute noblesse et de la bourgeoisie de robe et
d’affaires qui gravitent autour du souverain, à Paris et Versailles.
La condition
paysanne s’est sans doute dégradée sous Louis XIV (XVIIe siècle) par rapport à
ce qu’elle était sous saint Louis (XIIIe siècle), dans le « beau Moyen
Âge » ! Les pauvres étaient précédemment assimilés à l’image
vivante du Christ : ainsi, à son avènement, le roi lavait humblement les
pieds de douze pauvres, saint François d’Assise ralliait de nombreux disciples
au nom de la pauvreté absolue etc.
Désormais,
ces pauvres deviennent insupportables aux yeux des classes dominantes. On les
ravale au rang d’animaux et, quand on le peut, on les exclut. En 1656, Mazarin
fonde l’hôpital général de Paris par l’édit dit de « Grand Renfermement ».
Ému par la grande misère du peuple, saint Vincent de Paul fonde quant à lui les
Filles de la Charité, un ordre au service des malades et des enfants trouvés
(1634).
Généralement
provoquées par la taxe de trop, les émeutes de la misère commencent à
apparaître dès le règne du « bon roi » Henri IV. La plus
violente éclate en 1637, sous le règne de son successeur Louis XIII, sous le
gouvernement de Richelieu. C’est l’insurrection des « Croquants », surnom méprisant que l’on donne
désormais aux paysans. Elle survient dans le Périgord et le Quercy, au milieu
d’une population excédée par le poids des taxes et par l’obligation de fournir,
qui plus est, des rations de blé aux troupes qui stationnent dans la région. Il
va sans dire que la répression est brutale. Elle mobilise trois mille soldats
et fait un millier de victimes.
Deux ans
plus tard, survient en Normandie la révolte des Nu-pieds, motivée par
l’introduction de la gabelle (l’impôt sur le sel) dans la région. Elle est
également écrasée avec dureté.
Les choses
ne s’arrangent pas à la fin du règne de Louis XIV, marqué par des guerres de
plus en plus dures… et coûteuses. Pour financer la guerre de Hollande, le
gouvernement a l’idée d’instaurer une taxe sur les actes notariés (un sou par
feuille). Il s’ensuit aussitôt des émeutes à Bordeaux puis à Rennes en 1675.
Les Bretons sont d’autant plus remontés que la taxe a été édictée par-dessus
l’avis des états provinciaux (le Parlement de Bretagne).
La ville et
la province s’embrasent au cri de : « Vive le Roi… sans gabelle et sans
édits ! » Dite « des Bonnets rouges », cette révolte est réprimée avec
des raffinements de cruauté.
Les grands
esprits ne s’en émeuvent pas outre-mesure. « Nos pauvres bas-Bretons, à ce
que je viens d’apprendre, s’attroupent quarante, cinquante, par les champs, et
dès qu’ils voient les soldats, ils se jettent à genoux et disent mea-culpa.
C’est le seul mot de français qu’ils sachent… On ne laisse pas de pendre ces
bas-Bretons. Ils demandent à boire et du tabac qu’on les dépêche », écrit
Madame de Sévigné. « À force d'avoir pendu, on ne pendit plus. Je trouve
tout fort bon, pourvu que les quatre mille hommes de guerre qui sont à Rennes
ne m'empêchent point de me promener dans mes bois, qui sont d'une hauteur et
d'une beauté merveilleuse ». On notera que la compassion de l’épistolière
s’adresse à ses bois et à son environnement bien plus qu’à ses paysans…
Au XVIIIe
siècle, après la paix d’Utrecht et la mort de Louis XIV, le retour de la paix
et l’expansion économique vont ramener une paix relative dans les campagnes. La
popularité de quelques bandits et contrebandiers de grand chemin comme
Cartouche et Mandrin confirment toutefois le rejet
croissant de l’oligarchie, de plus en plus oppressante à mesure que s’affaiblit
l’autorité royale.
Ce rejet va
culminer dans les émeutes de la faim de 1786-1788 liées à de mauvaises récoltes
et à la crise économique provoquée par un traité de libre-échange avec
l’Angleterre. Le 28 avril 1789, à Paris, la fabrique de papiers peints Réveillon est pillée par des
chômeurs. La
répression fait une centaine de morts. Une semaine plus tard ouvrent les états
généraux.
La
Révolution commence. À l’été, les campagnes s’embrasent à nouveau. Les châteaux
sont pillés. C’est la « Grande Peur ». Dans l’affolement, dans
la nuit du 4 août, les députés s’empressent de voter l’abolition des privilèges et des derniers droits féodaux.
Guerre de classes
La
Révolution française s’achève sur un bouleversement social sans guère de
précédent, en France et en Europe. La révolution politique se double d’une
révolution industrielle et conduit à l’avènement de la bourgeoisie d’affaires.
Celle-ci s’installe au pouvoir à la faveur de régimes parlementaires adossés au
suffrage censitaire (seuls votent les citoyens assujettis à un minimum
d’impôt).
Les révoltes
sociales vont désormais venir de corporations professionnelles victimes des changements techniques et de la mondialisation des
échanges. Sans surprise, les premières révoltes de ce type éclatent en
Angleterre, pionnière en matière d’industrie comme de démocratie. À Nottingham,
en 1811, des ouvriers cassent les machines auxquelles ils reprochent de leur
voler le travail. Ce mouvement est appelé « luddisme », du nom
d’un ouvrier mythique à l’origine de l’initiative.
Le « luddisme »
a des répercussions en France, à Lyon, grande ville industrielle, où, vingt ans
plus tard, se soulèvent les canuts, ouvriers de l’industrie de la
soie. Leur devise : « Vivre en travaillant ou mourir en
combattant ». La révolte est réprimée sans effusion de sang. Il n’en
ira pas de même de la deuxième révolte des canuts, en 1834, qui trouvera en
face d’elle un ministre de l’Intérieur avide d’en découdre, Adolphe Thiers. 600 morts.
Les paysans,
quant à eux, se tiennent coi dans ce siècle de progrès social et de
ralentissement démographique (en France du moins). Il faut attendre le XXe
siècle pour voir exploser une colère imprévisible chez les vignerons du
Languedoc, du fait d’une crise de surproduction, due à la croissance
exponentielle de la consommation de vin ! À Béziers, en 1907, 150 000
manifestants appellent à la grève de l’impôt, un acte de sédition
particulièrement grave.
Le ministre
de l’Intérieur, Georges Clemenceau, ne se laisse pas démonter par la révolte des vignerons. Il envoie la troupe et tout rentre
dans l’ordre, au prix d’une demi-douzaine de victimes.
Un
demi-siècle plus tard, sous la IVe République, ce sont les artisans et
commerçants des petites villes et du monde rural qui appellent à la grève de
l’impôt et, cette fois, vont la mettre en pratique ! Ils sont conduits par
un cafetier de Saint-Céré (Lot) au verbe cru, Pierre Poujade.
Pierre Poujade fonde un mouvement politique et,
aux élections législatives de janvier 1956, s’offre un joli succès en envoyant
52 députés à l’Assemblée nationale au cri de « Sortez les
sortants ». Deux ans plus tard, la V° République « sortira »
tout le monde ! Le poujadisme ne lui survivra pas.
Insurrection contre le mépris
Le monde
rural s’est brutalement réveillé avec le « retour » des Bonnets
rouges en 2013,
quand le gouvernement a décidé d’instaurer une « écotaxe » sur
les poids lourds, destinée à limiter le transport routier, coupable de saturer
le réseau routier et de contribuer au réchauffement climatique.
Il a
instauré pour cela des portiques au-dessus des grands axes routiers, un rappel
fâcheux - avec l'électronique en plus - des impopulaires barrières d'octroi qui
muraient autrefois les villes. Qui plus est, la gestion de la nouvelle taxe a
été confiée à une société privée. C'était rétablir de fait de la Ferme
générale.
Comme au
XVIIe siècle, l'État, incapable de moderniser ses administrations, choisit dans
l'urgence de déléguer aux financiers la gestion des investissements publics. Le
mouvement a été entamé dans la décennie précédente avec la concession à des
compagnies privées des péages d'autoroutes et de parkings mais aussi de la
construction et de la gestion d'infrastructures publiques (hôpitaux, prisons…).
Les
manifestations de masse des Bonnets rouges, autour de Carhaix et Quimper, vont
convaincre le gouvernement de renoncer à l’écotaxe. C’est la première victoire
d’une révolte populaire. Victoire à la Pyrrhus s’entend, car la suppression de
l’écotaxe et le démontage des portiques vont se solder par un alourdissement de
la fiscalité globale sans régler le problème routier.
Cinq ans
plus tard, c’est l’annonce d’une nouvelle taxe sur le diesel (quelques centimes
par litre) qui déclenche la fureur populaire. Le mouvement, modernité oblige,
part des réseaux sociaux et se diffuse comme une traînée de poudre dans la
France profonde, loin des métropoles, que le sociologue Christophe Guilluy a
qualifiée de « France périphérique ».
Cette colère
populaire, concrétisée par la manifestation des « Gilets jaunes »
le 17 novembre 2018, cumule tous les ressentiments des classes populaires,
accumulés depuis deux décennies. C’est la conséquence d’une ouverture sans
précautions des frontières et de la perte de la souveraineté monétaire, avec
pour résultats la désindustrialisation et la fermeture des services publics
dans les petites villes et les villages.
Cette
dévitalisation du territoire va de pair avec la crise démocratique, mise en
évidence en 2005, quand la classe politique, droite et gauche confondues, s’est
assise sur les résultats du référendum sur le traité constitutionnel européen.
Gardons-nous
de prédire l’issue de ce quatrième âge des révoltes populaires…
Sources/
Herodote

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