Croisade
Extrait : 5 Francia
Combien furent-ils à suivre
l’illuminé
Femmes enfants vieillards le cœur
capuchonné
De la mystique aura du feu vif de
la Foi
Combien d’agglutinés au chemin de
la croix ?
Il faut être animé d’un espoir
insensé
Ne pas tenir compte du conseil
avisé
Du sage qui veille à ce que tout
soit prévu
Éviter l’infortune et le
malentendu
Car la route est très longue et
le sentier pierreux.
Qu’importe la soif à l’esprit
aventureux
La pluie tombe du ciel, la source
est au ruisseau
Le moindre pèlerin n’est-il pas
un oiseau
Qui trouve chaque jour à manger à
sa faim
Dans se préoccuper du blé qui
rend le pain !
Toujours en tout lieu règne un
esprit bienveillant
Vrai, il y croyait le
chemineau mendiant?
Les jours à passer se sont
montrés besogneux
Se priver de manger rend à la fin
hargneux
A chaque pas le pain pour caler
l’estomac
Quand jeûne et prière ne nous
suffisent pas
Vous plaque au cœur à cran son
tremblement d’effroi
Prêt à tout, c'est-à-dire à tuer
de sang froid
Tuer pour mieux voler, voler pour
mieux manger
En pays ami comme en pays
étranger.
De fait le Ciel devint complice
malséant
De l’absoute d’un pape et du vil
mécréant.
Au simple prétexte à délivrer le
Tombeau
De lui venger sa mort pour se
sauver la peau
Ces hères indigents devinrent des
rôdeurs
Du Juif les assassins, de
sinistres voleurs
Qu’attendent, tranquilles aux
remparts, les archers
Turcs, aux flèches plus ardentes
que bûchers.
*
On ne voit plus le ciel, le
brouillard boit les lueurs
Le sol opaque glisse dans la
ouate des cimetières
La mort vaguement réjouie se
languit en perles de sang
Le rayon d’or fondu d’un ciel
sauvage
Plante son clou aux rives
aveugles du regard
Chaque haubert a une écaille de
maille qui se soulève
Comme une plaque qui claque
Comme se referme un couvercle
Le sol est frange de fange grise
de tombe
Le froid de la nuit suspend au
pied ses lacets de glace encore
Les petits enfants choquent leurs
dents
Le ventre est dévoré par la faim
La soif coule brûlante à fond de
gorge
Le nez siffle tandis que la
poitrine s‘éprend d’un soufflet de forge
Par sainte Marie, par Notre Dame
Il grêle des pierres, les
buissons brillent de mile épines
Qui sont d’autant plus durs et
d’ardents couteaux
On croit poser le pied sur la
main d’un mort
Et c’est le ventre d’un rat
Et chaque piège tendu est le dû
d’un cadavre
La pluie qui tombe
Goutte à goutte nous embourbe et
creuse une tombe
Le fer à notre bouche a le goût
de la rouille
Et dans nos socques la laine
mouille
A nous faire mûrir les chairs au
lieu du blé
Pendant que les crocs des
grappins
Se mêlent à la poix bouillante
qui nous fait crisser des dents
Et que plus loin
Seul, dans les roseaux d’un
marais
C’est le silence qui tressaille.
*
Combien
furent-ils ? Dix mille pour les uns, de cent jusqu’à trois cent mille pour
les autres. Comment vérifier ce qui est présenté comme vérité de
l’Histoire ?
Ils allèrent,
mendiants nu-pieds, sous la protection de huit chevaliers guidés par Pierre
l’Ermite, et rejoignirent les groupes d’Allemagne puis longèrent le Danube.
Quand on est pauvre
on n’a pas d’attache à la terre et la sensibilité aux biens célestes promis se
montre d’autant plus vive qu’il existe un lieu saint à préserver.
Les musulmans
tolérants et les marchands arabes sont bousculés par d’autres musulmans turcs
seldjoukides qui occupent désormais la Syrie.
La Palestine et
donc Nazareth Bethléem et Jérusalem sont occupés par des guerriers qui refusent
l’accès aux pèlerins et qui ont détruit le saint Sépulcre.
La route fut un
long et lent calvaire de rapines et de pillages sanglants, de meurtres étouffés
par une fausse sainte vengeance jusqu’à Constantinople.
L’empereur Alexis 1er
Comnène, à ceux qui restaient, leur fit traverser le Bosphore pour prendre la
route de Nicée où les archers turcs les massacrèrent.
*
L’ Epopée Française : « FRANCIA » -Aux
croisées du Fer et de la Foi- 325 pages
En cliquant sur ce lien :
Poème épique comprenant les actions de la France au Moyen
Orient du XIème au XIIIème siècle.

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